Zeppelin « Black Marlin » by Didier Courtois

Classe et efficacité

Après une présentation « Star du moment » dans notre dernier numéro, voici comme promis le Zeppelin « Black Marlin » by Didier Courtois à l’essai en mode « fishing »…

25 nds

Vitesse de croisière

43 nds

Vitesse maximum

29 000

Prix modèle essayé

Né de la collaboration de la marque avec le pêcheur de renom Didier Courtois, le Zeppelin « Black Marlin » possédant de sérieuses qualités s’est vue optimisée afin de répondre aux exigences des pêcheurs amateurs. La force de l’entreprise est de pouvoir étudier, développer, et construire des aménagements spécifiques. Force de proposition, Didier a suivi les transformations avec l’équipe sur le chantier, validant les choix après essais. Nous avons donc découvert avec lui le fruit de cette collaboration lors d’une sortie en mer.

Le but n’étant pas de faire un essai pur et dur du bateau en lui-même mais plutôt d’apprécier un ensemble de paramètres propres aux attentes des utilisateurs potentiels.

Un sentiment de robustesse

Conçu sur la base d’un 21 V-Pro Defender, ce bateau de 6,40 mètres de long dans sa livrée noire donne immédiatement un sentiment de robustesse. Impression confirmée à bord : les matériaux utilisés et la finition apportée aux ajustements et assemblages sont de qualité, fidèles aux productions de la marque.

Nous quittons au ralenti le port au petit matin, poussés par les 150 ch à peine audibles du moteur Mercury. Une fois la mécanique à température, Didier nous emmène au rythme de croisière sur un poste qu’il connait bien. Le levé du jour correspond parfaitement au moment de la marée qui généralement donne de bons résultats. Notre vitesse stabilisée autour de 25 nœuds à 4 000 tours/minutes est plus que confortable. Avec le plein, 3 pêcheurs et leur matériel à bord, cela laisse entrevoir une autonomie importante : 150 miles environ selon les conditions de mer. De quoi courir après les poissons pendant de longues journées, tenter quelques épaves lointaines ou tout simplement vivre sa passion avec un budget carburant raisonnable.

Une fois sur zone, au point mort, Didier observe d’un œil ses écrans pour analyser la dérive. Les deux sondeurs de marque Humminbird (1199 SI HD) sont encastrés dans une rehausse de console spécifique, les écrans sont ainsi parfaitement maintenus en place puisque solidaires du bâti. Plus de risque de les voir bouger lors de la navigation.

Mise en place des boîtes à leurres sur des supports intégrés à différents endroits du bateau, rien ne traine, nous sommes prêts ! Après s’être replacés en prenant soin de passer au large du spot convoité, nous saisissons une canne chacun pour commencer les premières animations du jour. Le diamètre des flotteurs important (55 cm) et le fond du pont parfaitement plat nous procure un franc-bord sécurisant et un excellent appui. Le revêtement au sol en silice adhère parfaitement aux chaussures, donnant un sentiment de confiance important même les pieds mouillés.

Rien de tel pour être pleinement concentré en action de pêche et détecter la moindre touche qui ne tardera pas à venir ! Nous prendrons plusieurs bars de taille modeste sur cette dérive, sans avoir la chance de décider un gros.

Notre capitaine de bord ne s’en laisse pas compter. Cap vers le large pour visiter quelques têtes de roche abritant de beaux spécimens. Le vent maintenant établi lève un bon clapot qui, couplé au courant de la marée, rend les conditions de navigation complètement différentes du petit matin. Ce changement de stratégie impose de monter des leurres souples plus lourds et nous apprécions les aménagements situés derrière le leaning-post. Les boîtes de leurres, classées par couleurs et grammages sont placées derrière l’assise. Et de ce fait à portée de main, pratique quand on connait l’importance d’essayer nombre de coloris pour trouver celui du jour.

A l’aise en mer…

Route engagée sur le traceur. C’est placés derrière la large console et confortablement appuyés sur le leaning-post à la sellerie de couleur verte à bandes noires que nous discutons « techniques d’animation » en faisant route.

Le Black Marlin toujours aussi à l’aise malgré les conditions de mer, Didier lâche le volant pour saisir sa canne et refaire son bas de ligne. Pas l’ombre d’un mouvement latéral, comme si le bateau était en pilote automatique ! 23 nœuds sur un océan formé dans un confort et une sérénité telle que son pilote puisse refaire un nœud en toute quiétude. Bluffant !

Le Zeppelin est comme collé à l’élément liquide à la manière d’une ventouse. La carène, directive, absorbe les vagues dans un confort très appréciable lors des longues périodes de navigation. Pas de mouvements latéraux, le bateau file à plat, bien aidé certainement par l’appui des flotteurs sur l’eau.

La console, très large et décentrée à tribord, laisse un bon passage à bâbord. On y trouvera d’ailleurs de ce côté deux porte-cannes qui, placés ainsi, ne gênent pas en plus de ne pas exposer les cannes coté passage. Quatre autres porte-cannes sont situés sur le devant de la banquette à l’avant de la console, sous laquelle se trouve un coffre spacieux. Et pour finir, on trouve placés sur le tableau arrière encore deux autres supports de cannes. Ce qui porte le total à huit ! Peu surprenant quand on sait que ce bateau est utilisé sur des compétitions et que généralement les compétiteurs sont gourmands en nombre de cannes pour faire face à toute éventualité.

Lors d’une utilisation davantage axée sur le loisir, à trois pêcheurs comme le jour de notre essai, cela permet d’emmener et de ranger soigneusement les deux cannes habituelles par pêcheur, détail au combien important quand on tient à son matériel…

Apres 20 bonnes minutes de navigation, nous arrivons au milieu de nulle part. Enfin pas pour le pilote qui sait exactement où l’on se trouve et nous commente la tactique à adopter sur ce spot. Nous saisissons nos fleurets maintenant montés avec des shads sur des têtes plombées de 30 grammes et c’est dans la direction indiquée par Didier que nous lançons aussi loin que possible nos leurres ! Quelques touches timides lors de ce premier passage ne permettent pas de concrétiser. La dérive suivante sera la bonne. Un replacement au mètre près nous fait passer pile sur la cassure. Nous prenons de véritables claques dans les cannes. Et c’est même un doublé de bars qui viendra récompenser ce replacement ultra précis ! Au fur et à mesure que la journée avance, nous trouvons naturellement notre place à bord. Jérôme à l’arrière, placé entre le leaning-post et le coffre situé devant le moteur. Didier en position centrale suivant la dérive et les détections poissons du coin de l’œil. Et moi-même à l’avant.

Peu de bateau offre une telle position à la proue. La pointe formée par le « V » des flotteurs est bien relevée et permet de venir se caler. Le franc bord est alors au niveau de ma taille, m’assurant un bon maintient même lors du passage d’une belle vague. La baille à mouillage est au même niveau que le pont, permettant de rendre la place avant très logeable et surtout sécurisante. (Le pont est de plein pied sur l’ensemble du bateau).

Équipement à la carte

Particularité unique sur un semi-rigide, et issu aussi de l’usage en compétition : un sondeur (ici un Humminbird 778 HD) est placé sur la partie avant de la console. Il permet à l’équipier ou au pêcheur en position à l’avant d’avoir un visuel sur la topographie du fond et ainsi de ne pas pêcher en aveugle. Un plus incontestable pour qui veut suivre sa dérive afin de mieux contrôler sa ligne !

Quelques poissons nous ferons le plaisir de leur visite, tous remis à l’eau avec soin. Didier nous explique qu’il a fait installer des sangles arrimées au sol pour venir loger un vivier sous l’assise, obligatoire en compétition, alimenté par une pompe. Le tout déconnectable et amovible, afin de pouvoir y placer une glacière ou un coffre lors de sorties en famille ou amis.

Il est temps de penser au retour. C’est le moment de tester avec plus d’attention le comportement de ce Zeppelin à la belle réputation, propulsé par un Mercury 150 ch 4 temps. Poignée en coin, le déjaugeage n’est pas des plus fulgurants mais se fait sans cabrage. Le moteur est coupleux et emmène l’ensemble sans peine pour atteindre rapidement la vitesse de croisière. Trois hommes à bord, le matériel et le réservoir à moitié, nous atteignons 43 nœuds. L’étrave fend bien les vagues et cette coque polyester filtre le gros clapot pour laisser ses occupants profiter du retour avec confort.

Toujours cette impression de sécurité à bord, les virages pris serrés pour tester l’accroche se font sans prise de gite. Un léger dérapage de l’arrière se fait sentir sans ventilation de l’hélice. Pas une goutte d’eau n’est venue fouetter nos visages lors de ce « run » à vive allure, l’avant bien défendu et les flotteurs de gros diamètre en position basse déflectant à merveille. La position debout derrière le pilote est idéale dans cette situation là. Les tubes de gros diamètre placés aux endroits stratégiques, permettent une bonne prise en main. Rien n’est venu perturber cet essai, pas un leurre au sol, pas une canne n’a bougé. Preuve que ces aménagements font très bien le job.

Sur le chemin menant au port, notre guide du jour nous propose un arrêt rapide sur un spot secret. Les conditions deviennent difficiles et l’on apprécie encore plus la stabilité à l’arrêt. Ce Black Marlin ne gite quasiment pas, pourtant soumis au fort vent latéral opposé à la houle.

Réglé comme du papier à musique, Didier est déjà en action de pêche alors que nous n’avons pas encore nos cannes en main ! Et véritable tour de force chrono, il annonce « pendu ! » dès les premiers mètres d’animation… A la courbure de la canne et au large sourire de l’heureux pêcheur, nous comprenons que le poisson est lourd. Ambiance à bord ! Une pression palpable nous envahit, jusqu’au dénouement laissant place à la joie, dès ce joli maigre à la robe argentée glissé dans l’épuisette. On apprécie à ce moment-là l’espace de circulation, permettant de gérer le décrochage du poisson à bord sans se gêner.

La connaissance du milieu, le bon placement du bateau et l’esprit de compétiteur ont permis à Didier de mettre un point d’honneur à prendre sur le fil ce très joli poisson lors de cette sortie très instructive. Chapeau l’artiste ! Belle démonstration de maitrise.

Conclusion

Ce fishing, pensé au départ pour la compétition, s’avère d’abord être un exemple en termes de sécurité. Imperturbable en navigation comme à l’arrêt, il est marin et préserve ses occupants pour de longues journées de pêche. Les aménagements spécifiques proposés par Didier Courtois et réalisés avec le savoir-faire du chantier Zeppelin, amènent un plus indéniable en praticité, laissant du coup les pêcheurs concentrés sur la traque du poisson. Certes, monter une motorisation proche des 200 ch maxi autorisés au tableau arrière, il démontrerait un caractère plus sportif, mais perdrait en autonomie. Bien suffisant en tout cas pour un programme loisir ou compétition. Car ce bateau alliant classe et efficacité s’approche de la perfection. Il sera en tous cas un allié de choix pour ceux désirant être opérationnels sur l’eau, un véritable outil de pêche !

En 2 questions avec… Didier Courtois

« Un ensemble pouvant affronter toutes les conditions de mer »

SR Mag : Didier, pourquoi cette marque et ce modèle ?
DC : Tout d’abord Zeppelin est une marque emblématique de par les qualités de ses bateaux, et de surcroit une marque française ! Les matériaux de fabrication sont haut de gamme et les carènes éprouvées, marines et sécurisantes. La proximité du chantier et leur capacité à faire du montage à la carte, nous a aussi permis de bien avancer, avec des solutions techniques longuement testées. Je désirais un ensemble pouvant affronter toutes les conditions de mer et facilement transportable. Ce Black Marlin 6.40 se présentait alors comme un excellent compromis pour moi. Il a aussi l’avantage de ne pas avoir de bac moteur et de proposer donc une grande surface de pont.

SR Mag : Quelles sont les points particuliers du développement sur lesquels vous avez travaillé ?
DC : De la console au leaning-post, en passant par le vivier, chaque élément a été revu pour améliorer l’ergonomie et rendre ce bateau pratique. Un bon aménagement permet d’être organisé et d’avoir tout à portée de main. Un gain de temps qui permet de passer plus de temps en pêche et d’attraper plus de poissons ! D’autres points moins visibles, comme le passage des goulottes sous le plancher sans perdre l’insubmersibilité, ont demandé beaucoup de travail. Au même titre que le placement et les tests de sondes. Des éléments cruciaux pour un bon fonctionnement de celles-ci.